La pêche d’inventaire, est un outil d’évaluation et d’aide à la gestion. Ces pêches permettent d’obtenir des résultats précis et fiables dans le suivi des diverses règlementations mise en vigueur. Elles se déroulent sur un endroit d’un cours d’eau dit représentatif.

Indices d’abondances saumons

(Depuis 97 sur le Trieux, Leff et Léguer )Depuis 1994, une série de campagnes annuelles est menée afin de connaître l’abondance des juvéniles de Saumon Atlantique (appelés tacons) sur plusieurs cours d’eau du Massif Armoricain. Cette expérimentation a été mise au point sur le Scorff en Morbihan puis étendue au bassin de l’Odet et enfin à d’autres cours d’eau bretons grâce à la collaboration de l’INRA, du CSP et des Fédérations pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique. En 2015, dix-huit bassins versants de Bretagne ont été pêchés selon la méthode des indices d’abondance et d’après le protocole de Prévost et Baglinière (1993). Celui-ci est spécifique aux pêches de juvéniles de Saumon Atlantique de l’année (tacons 0+) et s’applique aux cours d’eau à salmonidés d’une largeur supérieure à 3 m. Les pêches doivent s’effectuer dans des secteurs de radiers et de rapides (voire plats courants à fond grossier et peu profonds) qui sont les habitats préférentiels des juvéniles de saumon au stade 0+.

1 appareil de pêche électrique portable alimenté par une batterie 24 V (puissance max. 200 W) délivrant un courant impulsionnel de fréquence 400 Hz, la tension de sortie étant réglée pour fonctionner à 50 % de la puissance disponible. L’anode est un cercle d’aluminium de 35 cm de diamètre sur un manche de 1,5 m de long ;

– deux épuisettes à cadre métallique de 60 et 75 cm de large (resp. 40 et 50 cm de haut) équipées d’un filet à mailles de 4 mm. Le rebord inférieur du cadre est  droit car elles doivent reposer sur le fond de la rivière sans laisser d’espace d’échappement ;

– une petite épuisette « volante » à main et un à deux seaux.

Les tacons capturés sont directement mesurés et les données enregistrées dans un ordinateur de terrain.

Le protocole de pêche (Prévost et Baglinière, 1993) 

Quatre personnes minimum sont requises : une au Martin Pêcheur, deux aux épuisettes et un voir deux porteurs de seau. Le protocole de pêche peut être résumé comme suit : 1. Le porteur du Martin Pêcheur place les porteurs d’épuisettes à l’aval de la zone qu’il va balayer avec l’anode, dans un secteur de rapide ou de radier (ou à défaut de plat courant). Les deux épuisettes sont posées au fond, face au courant et en position fixe, avec un recouvrement latéral des cadres afin de ne pas  laisser de section non filtrée entre elles. L’un des deux positionneurs d’épuisette tient aussi l’épuisette « volante ».

2. L’anode balaye une zone de 4-5 m en amont des épuisettes dans la veine d’eau filtrée par celles-ci.

3. Les poissons attirés puis « choqués » par le courant électrique descendent dans les épuisettes guidés par l’anode et poussés par le courant.

4. Au besoin, les poissons bloqués au fond ou dans la végétation aquatique sont récupérés à l’épuisette à main.

5. Les poissons sont transférés dans les seaux.

L’opération est renouvelée sur une zone favorable (radier ou rapide) non perturbée par le « trait » précédent, en prenant garde de ne pas marcher sur la zone suivante et de se déplacer le plus discrètement possible. L’échantillonnage d’une station s’arrête au bout de 5 minutes de pêche effective, anode en fonctionnement dans l’eau, mesurés sur le compteur du Martin

Les indices d’abondance et les juvéniles 0+ (tacon de l’année)

Il s’agit de pêcher, pendant 5 minutes, des zones favorables aux juvéniles (radiers, rapides et plats courants) en fin d’été-début d’automne. Le nombre de juvéniles de l’année capturé en 5 minutes est, en effet, un indicateur de la densité en place dans le cours d’eau. Les indices d’abondance de juvéniles de l’année (0+) sont obtenus d’après les histogrammes des tailles des tacons pêchés qui font apparaître deux cohortes bien distinctes : les juvéniles de l’année et ceux qui proviennent du recrutement de l’année précédente (1+).

Indices d’abondance 2023

Pour illustrer les propos ci-dessus, quelques photos des indices d’abondances 2023. On voit très bien la différence entre les truitelles photo 3 et les tacons photos 4 avec leurs nageoires pectorales très développées qui permettent aux jeunes saumons de bien tenir le fond du cours d’eau même par fort courant.