Ensemencement du TRIEUX en truite fario de 1957 à 1997

A l’heure où les truites fario de nos rivières atteignent un seuil critique par certains endroits dans notre département, la question se pose de l’ensemencement de nos cours d’eau. Depuis 1998, il n’y a pas eu de déversement de truite fario dans les cours d’eau de notre AAPPMA. La fédération de pêche s’est orientée vers une gestion patrimoniale de nos cours d’eau. Cette gestion perdure depuis cette date, mais une question se pose : est-elle encore adaptée ? Ne serait ’-il pas temps de reprendre un ensemencement raisonné afin de maintenir une pêche durable. Ceci, afin de ne pas arriver à la situation que connaît le saumon dans les rivières bretonnes et dans le TRIEUX en particulier. Résultat : actuellement le saumon est à l’état de relique dans le TRIEUX et sa pêche est fermée jusqu’en 2029. Nous reviendrons sur le saumon dans un prochain article. Revenons sur la truite fario. Les puristes vont nous parler d’hérésie que d’introduire des truites qui ne sont pas issues du bassin versant du TRIEUX. On va abâtardir la souche. Je comprends cet argument, mais concernant le TRIEUX, il y a longtemps que la souche d’origine a été croisée. Je me suis replongé dans le registre des délibérations de la société de pêche du TRIEUX et j’ai découvert le nombre incroyable de truite qui ont été déversées dans le cours amont du TRIEUX car à l’époque la partie aval était trop polluée pour y déverser des truites. J’ai réalisé un tableau et j’ai fait le total. Résultat : De 1957 à 1982, il a été mis dans les ruisseaux se jetant dans le TRIEUX  2 686 500 œufs en boite vibert (*) et encore je suis en dessous de la réalité car tous les ensemencements n’étaient pas chiffrés dans le registre. De 1957 à 1997, il a été déversé 2 474 500 truitelles de 3 mois. De 1959 à 1995, il a été déversé 496 451 truitelles de 6 mois et de 1966 à 1994 il a été déversé 19 555 truites fario adulte. Ces truitelles de 6 mois et ces truites adultes provenait notamment du bief du moulin au cuivre sur le Prat Ar Lan. Truites qui étaient élevées par les bénévoles de l’AAPPMA de l’époque. Au vu de ces chiffres, vous comprendrez bien que la pureté de la souche, il faut oublier. Ensemencer, ne veut pas dire le faire n’importe comment. L’AAPPMA du TRIEUX a pris la décision d’ensemencer de façon raisonnée les petits rus en aval de Guingamp en ciblant des ruisseaux, où il n’y a plus aucune truite ou si peu qu’elles n’entreront pas en concurrence. En 2025, 2000 truitelles fario de 3 mois ont été déversées. En 2026, ce sera 3000 truitelles. Une réflexion sur l’utilisation de boite vibert est en cours pour 2027. Ces truites proviennent de la pisciculture fédérale du Favot dans le 29. Ces truites sont issues de 2 souches, la Kerlock du 35 et de l’Ellez affluent de l’aulne dans le 29. Votre AAPPMA prend très au sérieux la situation de la truite fario dans nos cours d’eau et nous n’attendrons pas le déclin irréversible de l’espèce sans réagir. C’est également pour cela que nous avons entamé depuis 5 ans un programme de restauration des ruisseaux afin de donner une chance supplémentaire à nos truites.

(*) boite vibert :

Avantages écologiques

  • Respect de l’environnement : les matériaux biodégradables minimisent l’impact écologique.
  • Protection accrue : les alevins sont protégés des prédateurs jusqu’à leur indépendance.
  • Adaptabilité : utilisation dans divers types de cours d’eau, y compris les rivières et ruisseaux.

Applications pratiques

La boîte Vibert est utilisée dans le cadre de programmes de conservation, de repeuplement et de recherche en aquaculture. Elle est particulièrement efficace dans les milieux naturels où les conditions de reproduction sont optimales. Des études ont montré que cette méthode peut atteindre un taux d’éclosion de 95 %, contre environ 18 % pour les œufs déposés directement dans le lit de la rivière

Principe de fonctionnement

La boîte Vibert est une petite enceinte rectangulaire, généralement fabriquée en plastique biodégradable, composée de deux chambres :

  • Chambre d’incubation : située en haut, elle accueille les œufs fécondés.
  • Chambre de nurserie : située en bas, elle sert de refuge aux alevins après l’éclosion.

Une fois les œufs éclos, les alevins tombent dans la chambre inférieure par des fentes étroites, où ils restent protégés jusqu’à l’absorption complète de leur sac vitellin. Ils peuvent ensuite s’échapper par les fentes latérales pour rejoindre le milieu naturel.

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